mardi 18 décembre 2007

Pas très virulent, mais c'est deja quelque chose .....

Hasard du calendrier ou volonté délibérée, la succession des informations permet au chef de l'Etat de faire oublier ou de minorer des événements ou des faits gênants. Exemples.
Arnaud Vaulerin
LIBERATION.FR : mardi 18 décembre 2007

Evitement, brouille, diversion, etc. C’est connu, une actualité chasse l’autre. Dans cet emballement médiatique, la maîtrise de l’agenda et du tempo de la communication est devenu vital pour amplifier, minorer ou taire une nouvelle.

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en mai, la succession ou la concomitance d’information -hasard ou volonté?- a permis d’éclipser ou de chasser de l’actualité des faits et des situations gênantes pour l’Elysée. Illustration avec trois exemples des deux derniers mois.

Un divorce et un mouvement social
Le 18 octobre, la grève contre la suppression des régimes
spéciaux de retraite est particulièrement suivie dans les
transports. Alors qu’une grande partie de la France est
paralysée par le mouvement social, un premier communiqué
de l’Elysée, à 13h20 annonce la «séparation par consentement mutuel» entre Cécilia et Nicolas Sarkozy et précise que les époux ne feront «aucun commentaire».
Le feuilleton démarre. Quelques minutes avant le départ
du chef de l’Etat pour Lisbonne, où il doit participer
à un Conseil européen, l’entourage du
président précise à des journalistes qu’il
s’agit en fait d’un «divorce». Puis,
l’Elysée publie un second communiqué plus
détaillé. L’avocate du couple, puis leurs proches
réagissent et se relaient sur les radios, les sites Internets et
les télés. Le soir, l’annonce de la rupture est
à la une des JT, avec la grève dans les transports.

Un coup de fil et un message
Le 2 décembre, le parti Russie unie créé par et
pour Vladimir Poutine remporte les élections législatives
lors d’un scrutin entaché
d’irrégularités et contesté par
l’opposition russe et par plusieurs capitales occidentales. Le
lendemain, lundi, Nicolas Sarkozy décroche son
téléphone et adresse ses «chaleureuses félicitations»
au président russe qui n’était même pas
candidat. Malaise dans la classe politique et en Europe quand l’information est connue en milieu de semaine.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, le chef de l’Etat
rebondit et adresse un message à la guérilla des Farc qui
retiennent en otage la sénatrice franco-colombienne Ingrid
Betancourt et «forme un rêve: celui de voir Ingrid au
milieu des siens pour Noël». Ce «coup de poker» humanitaire et
cette initiative élyséenne sont salués, même
si le risque d’échec est souligné. Le faux pas
russe est relégué.

Une semaine de critiques et un conte de fée
La semaine commence mal. Le colonel Kadhafi débarque en France,
le 10 décembre après-midi. Le matin, dans les colonnes du
Parisien et dans des termes qui ne relèvent pas vraiment de la
langue de bois, la secrétaire d’Etat aux Droits de
l’homme dit tout le mal qu’elle pense de la venue du dictateur libyen. Bernard Kouchner dit comprendre la prise de position de Rama Yade.

Puis, vient la polémique sur les droits de l’homme.
Dans un entretien à France 2, Mouammar Kadhafi attise la
controverse en assurant qu’il n’avait pas parlé des
droits de l’Homme avec Nicolas Sarkozy, alors que ce dernier
avait insisté la veille sur le fait qu’il avait
demandé au dirigeant libyen de «progresser» sur ce
dossier. A l’Unesco, le guide libyen déclare: «Avant
de parler des droits de l’homme, il faut vérifier que les
immigrés bénéficient chez vous de ces
droits.»
L’UMP se divise.
Les députés PS quittent en l’hémicyle pour protester contre la réception de Kadhafi à
l’Assemblée nationale, mardi.
La semaine égraine sa litanie de critiques sur le montant des
contrats signés, sur la plainte qui vise Kadhafi, sur les
critiques de la diplomatie libyenne à l’encontre de
Bernard Kouchner et de Rama Yade. Sarkozy apparaît silencieux et embarrassé. Kadhafi quitte le sol français, samedi. Dimanche, la nouvelle idylle du chef de l’Etat est annoncée. Les images de Carla Bruni et de Nicolas Sarkozy à Eurodisney éclipsent -heureusement pour l’Elysée- une semaine exécrable.

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